Sauvegarde sociale du Projet WURI : Code de conduite, Exploitations et Abus Sexuels et Harcèlement Sexuel (EAS/HS) au menu des échanges avec les agents enrôleurs à la CMU

Sauvegarde sociale du Projet WURI : Code de conduite, Exploitations et Abus Sexuels et Harcèlement Sexuel (EAS/HS) au menu des échanges avec les agents enrôleurs à la CMU dans 10 localités

En marge de la remise officielle du Rapport de l’étude d’évaluation sociale (REES) et du Plan d’engagement des parties prenantes (PEPP) au Corps préfectoral, aux Directeurs régionaux de la protection sociale (DRPS) et aux autorités traditionnelles, le Projet d’Identification Unique pour l’Intégration Régionale et l’Inclusion en Afrique de l’Ouest (WURI) Côte d’Ivoire a eu des séances d’échanges avec des agents enrôleurs à la Couverture Maladie Universelle (CMU), du 16 février au 5 mars 2026.

A Ouangolodougou, Kasseré, Béoumi, Daloa, Sangouiné, Gbapleu, Grand-Béreby, Méagui, Bondoukou et Niablé, le Spécialiste en Sauvegarde sociale et le Spécialiste en Communication du Projet WURI ont eu des entretiens instructifs et constructifs avec 79 agents enrôleurs sur les difficultés rencontrées, le Code de conduite signé, les Exploitations et Abus Sexuels / harcèlements sexuels (EAS/HS)  lors des opérations d’enrôlement et de distribution des cartes CMU, les défis de l’année 2026.

L’objectif visé par ces différents échanges est de co-construire des conditions de travail idoines afin d’atteindre les objectifs assignés par le Ministère de l’Emploi, de la Protection sociale et de la Formation professionnelle : 30 millions de personnes enrôlées à la CMU et le maximum de cartes CMU distribuées aux bénéficiaires.  

Concernant l’opportunité du Code de conduite signé en octobre 2025, l’ensemble des agents enrôleurs rencontrés sont unanimes : « Nous nous sentons protégés et valorisés après la signature du Code de conduite. De plus, cela nous donne plus de responsabilité dans l’exercice de notre travail », indique Ehoué Catherine, agent enrôleur à Fari-Mbabo, dans la sous-préfecture de Béoumi.

La question des EAS/HS reste un sujet de préoccupation. C’est ce qu’indique Tokpa Marie Madeleine, agent enrôleur à Sangouiné : « Je parcours de longues distances à moto, sur des pistes pour aller travailler dans les villages et les campements. Il y a des risques liés à la sécurité sur les routes et lorsque nous sommes hébergés par les populations dans les villages. Mais jusque-là, tout se passe bien. » Témoignage corroboré par Ahouo Laurène, de la sous-préfecture d’Okrouyo dans le département de Méagui qui souligne les conditions d’hébergement souvent difficiles pour des femmes dans les zones reculées.

« Nous sommes souvent victimes de harcèlements lorsque nous utilisons nos numéros de téléphone pour appeler les requérants pour le retrait de leur carte. Mais ça se limite à là », témoigne pour sa part Zadi Ruth, agent enrôleur dans le département de Méagui.

« Les requérants s’en prennent au système, pas à notre personne pour l’instant. Je pense que si les cartes sont disponibles rapidement et que le service se déroule bien dans les hôpitaux, les plaintes seront moins récurrentes », tempère Sy Savané Kady, dans le département de Boundiali. 

Comme solutions, les agents enrôleurs rencontrés, recommandent la sensibilisation des acteurs de l’écosystème de l’enrôlement et les populations pour prévenir la survenue de cas de EAS/HS. « Le Projet WURI et la CNAM pourraient produire des affiches à placarder dans les bureaux et sur les sites d’enrôlement et de distribution des cartes de même que dans les villages. Mais également sensibiliser les populations à travers des caravanes et l’utilisation des radios de proximité sur ces thèmes », préconise Coulibaly Moussa, agent déployé à Ouangolodougou.

Ces différentes séances de travail entre le Projet WURI et les agents enrôleurs, qui ont bénéficié de la facilitation du Corps préfectoral, des DRPS et des Superviseurs de la CNAM, ont permis d’apprécier l’engagement des opérateurs de terrain à conduire les opérations d’enrôlement et de distribution des cartes CMU en dépit des difficultés rencontrées.  Il révèle aussi le niveau d’appropriation du code de conduite par les agents enrôleurs et les activités à intensifier pour le respect des bonnes pratiques de prévention et de gestion des EAS/HS dans les activités d’identification à la CMU.

Pour rappel, le Projet WURI a financé le recrutement de 2.000 agents enrôleurs au profit de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) en juillet 2025 afin de renforcer le dispositif d’enrôlement et de distribution des cartes CMU sur l’ensemble du territoire.